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Zone de basses émissions à Namur : un scénario exploratoire

Deux flottes estimées, une même circulation simulée : quelle baisse des émissions routières résulte d'un remplacement hypothétique des véhicules anciens à Namur, hors E411, E42 et bretelles ?

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Une zone de basses émissions à Namur : que teste-t-on ?

Cette étude compare deux compositions de flotte sur une même journée de circulation simulée à Namur : une estimation de référence et une flotte dans laquelle les véhicules ne respectant pas des seuils de type LEZ sont remplacés. L’analyse couvre toute la ville de Namur, sauf les autoroutes E411 et E42, qui ne seraient pas incluses dans une hypothétique LEZ. Il s’agit d’une hypothèse exploratoire, pas d’une LEZ décidée par la Ville de Namur ni d’une prévision de la qualité de l’air.

La simulation couvre une journée entière sur le réseau modélisé. Sa demande routière a été calibrée à partir de comptages Telraam ; 17 compteurs présents sur le territoire de la Ville sont appariés au réseau modélisé. Les émissions des deux flottes sont recalculées à partir de la même trace de vitesses et d’accélérations : le nombre de trajets, leurs itinéraires et la congestion ne changent pas entre les deux calculs.

L’interface de la simulation affiche des résultats sur tout le réseau. Pour cette case study, les totaux, le graphique et la carte ont été recalculés à partir des émissions par tronçon en excluant les voies classées highway.motorway et highway.motorway_link dans le réseau SUMO : 78 tronçons observés d’autoroute et 76 de bretelles. Les autoroutes restent visibles en gris sur la carte pour situer le périmètre. Cette exclusion est un traitement des résultats, pas une nouvelle simulation avec une règle d’accès par voie.

Comment la flotte de référence a-t-elle été estimée ?

Le point de départ est le parc immatriculé dans la commune de Namur, INS 92094, au 1er août 2025 : 54 789 voitures, 7 709 véhicules de marchandises et 118 tracteurs routiers. Ces catégories donnent environ 87,5 % de voitures dans la flotte retenue. Les bus, deux-roues et véhicules agricoles ou spéciaux sont exclus de cette composition routière.

Faute de répartition locale entre camionnettes et poids lourds, les 7 827 véhicules de marchandises et tracteurs sont ventilés selon le parc belge FEBIAC de fin 2025 : 915 328 camionnettes pour 91 359 camions et tracteurs. On obtient ainsi environ 11,37 % de camionnettes et 1,13 % de poids lourds dans la flotte totale. C’est un ratio national appliqué à Namur, pas une mesure sur ses routes.

Pour les voitures, les données IWEPS sur le parc wallon en 2025 donnent 34,4 % de diesel et 2,1 % d’électriques à batterie. Le solde, 63,5 %, est représenté par des modèles essence. Ce solde inclut donc, par simplification, les hybrides et les motorisations minoritaires : leur fonctionnement réel n’est pas reproduit.

La répartition par normes Euro ne vient pas d’un comptage namurois. Elle utilise les pondérations génériques HBEFA4 de SUMO, millésime 2022, regroupées par carburant et norme. Les camionnettes sont représentées par des profils N1-II ; les camions et tracteurs par des profils de camion rigide d’au plus 7,5 t. La flotte de référence contient 50 profils, y compris des véhicules antérieurs aux normes Euro. Les parts des véhicules immatriculés servent ici de probabilités d’affectation aux trajets, alors que les véhicules qui traversent Namur, les navetteurs, le leasing et les kilométrages différents peuvent modifier fortement la flotte réellement circulante.

Comment la flotte « LEZ » a-t-elle été construite ?

La seconde flotte applique, à titre d’expérience, les seuils d’accès de la LEZ bruxelloise en 2026 à la flotte de référence : voitures et camionnettes essence Euro 3 ou mieux, diesel Euro 6, poids lourds diesel Euro VI. Les profils plus anciens, dont les essence Euro 2 et les camions Euro V, sont retirés. Cela ne décrit aucune règle d’accès en vigueur à Namur.

Chaque part retirée est redistribuée proportionnellement entre les profils autorisés de même catégorie et de même carburant. La flotte obtenue compte 26 profils. Les parts totales des voitures, camionnettes et camions, ainsi que les parts essence, diesel et électrique, restent identiques. Le scénario suppose donc un remplacement un pour un, sans abandon de trajet, report modal, électrification supplémentaire, dérogation ni non-respect de la règle.

Quelles émissions diminuent ?

Graphique des baisses relatives des émissions routières hors E411, E42 et bretelles : NOx 60,1 %, PMx 20,9 %, hydrocarbures 18,6 %, CO 6,4 % et CO₂ 0,1 %.

Émissions routières hors E411, E42 et bretelles, sur 24 h Référence Flotte « LEZ » Baisse
NOx 327,92 kg 130,81 kg 197,11 kg (60,1 %)
PMx 20,64 kg 16,33 kg 4,30 kg (20,9 %)
Hydrocarbures (HC) 14,75 kg 12,01 kg 2,74 kg (18,6 %)
Monoxyde de carbone (CO) 668,51 kg 625,61 kg 42,90 kg (6,4 %)
CO₂ 168,40 t 168,31 t 0,09 t (0,1 %)

La baisse est particulièrement marquée pour les oxydes d’azote (NOx). Le changement de norme Euro réduit beaucoup moins le CO₂ dans ce calcul, puisque les proportions de carburants et d’électriques ainsi que la circulation restent fixes. Les PMx sont les particules émises par les véhicules selon le modèle SUMO ; ces masses ne sont ni des concentrations de PM dans l’air ni une estimation complète de l’exposition des habitants.

Où la réduction est-elle la plus forte ?

Carte des baisses absolues de NOx par tronçon hors autoroutes ; l'E411, l'E42 et leurs bretelles sont en gris et exclues.

La carte montre la baisse absolue de NOx par tronçon non autoroutier pendant la journée, calculée à partir des deux résultats de flotte et de la géométrie des routes de la simulation. L’E411, l’E42 et leurs bretelles sont en gris et ne contribuent pas aux valeurs représentées.

Parmi les axes non autoroutiers, les plus fortes baisses cumulées apparaissent sur la chaussée de Louvain (16,4 kg), la chaussée de Liège (8,9 kg), la route de Hannut (8,4 kg) et la chaussée de Charleroi (8,2 kg). L’avenue Albert Ier (7,1 kg) et le boulevard Cauchy (5,8 kg) ressortent également. Une baisse élevée en grammes indique surtout une forte émission initiale et une circulation importante ; elle ne mesure pas directement le bénéfice sanitaire à cet endroit.